Una spedizione scientifica, un pittore, una ragazza…

Léonie d’Aunet à Tromsø

Il 14 giugno 1839 la nave “La Recherche” lascia Le Havre per Hammerfest prima e per lo Spitzberg poi.
Paul Gaimard, capo della spedizione, porta con sé numerosi scienziati, già presenti nella prima spedizione allo Spitzberg del 1838. Con loro si trovano anche lo scrittore Xavier Marmier, che l’anno precedente ha navigato lungo la costa norvegese con un battello a vapore del posto, il “Principe Gustavo”. Nel 1839 si aggiungeranno alla spedizione il pittore François-Auguste Biard e la sua futura sposa, Léonie d’Aunet, che allora aveva solo 19 anni.

Come mai una ragazza così giovane ha potuto prender parte ad una spedizione scientifica per cui non aveva alcuna qualifica, su un vascello della Marina, teoricamente proibito alle donne? Nel racconto delle sue avventure al polo Voyage d’une femme au Spitzberg Madame Biard presenta la sua versione dei fatti: Paul Gaimard si augurava fosse presente a bordo de “La Recherche” il suo (futuro) marito e la fanciulla promise di convincerlo a condizione che potesse accompagnarlo.

Léonie d’Aunet è una donna giovane e bella, che senza dubbio sedusse Gaimard come sedurrà Marmier sulla nave, e più tardi Victor Hugo, di cui sarà l’amante dal 1843 al 1851.
Paradossalmente Léonie d’Aunet non resterà nella memoria collettiva se non per la sua relazione con Victor Hugo, e per il flagrante delitto d’adulterio con il poeta nel 1845, delitto che la porterà in prigione e la priverà dei suoi figli. Nel 1854 lei pubblicherà il suo Voyage d’une femme au Spitzberg che diventerà presto famoso e di cui verranno pubblicate numerose riedizioni.

Dunque la futura Madame Biard viaggiò nel 1839 con suo marito fino ad Hammerfest, in battello e calesse. A Trondheim la coppia si imbarcò sul “Principe Gustavo”, come aveva fatto un anno prima Xavier Marmier. Come lui, ella apprezza il mezzo di locomozione:

Il y a encore peu d’années, on mettait un mois à faire le trajet entre Drontheim et Hammerfest; maintenant, grâce au bateau à vapeur dont le roi Bernadotte a doté le Finmark, on le fait en huit jours. […] Maintenant tout est bien changé: si on n’est pas trop accessible au mal de mer, on peut s’embarquer sans crainte; le bateau à vapeur est solide, le capitaine instruit, le pilote habile; on trouve à bord une nourriture convenable et des aménagements commodes.

È piacevole leggere elementi positivi prima dello scalo a Tromsø, perché la piccola città a nord del circolo polare non lascerà affatto ricordi piacevoli alla giovane parigina. In un solo paragrafo di uguale lunghezza, ella elenca le sue impressioni e le sue magre conoscenze (in confronto a Xavier Marmier) su Tromsø:

Tromsoë est la seule ville qu’on trouve sur la côte, outre Drontheim et Hammerfest. […] Je me sers du mot ville, et je crains bien que cette expression ne vous donne la plus fausse idée des lieux dont je parle; ce sont d’étranges villes que Tromsoë et Hammerfest, et fort peu dignes de ce nom. Jugez-en: Tromsoë, c’est un port entouré de hangars de bois, et une seule rue, la Canebière de l’endroit, donnant d’un côté sur la mer et terminée à l’autre bout par un glacier, un énorme glacier vert et bleu, très capable de vous engloutir sous une avalanche, si vous aviez la curiosité d’aller l’observer de trop près. Cette rue à singulière perspective est montueuse et non pavée; dès le dégel, le sol est entièrement défoncé, criblé de trous remplis d’une boue noire et épaisse; on a jeté au milieu du chemin quelques grosses pierres et de longues planches, à l’aide desquelles on arrive à n’avoir de fange que jusqu’aux chevilles.

Tromsöe (1838), par Auguste Mayer

Les deux côtés de cette avenue difficile sont bordés de maisons de bois revêtues de la couche de peinture rouge ou grise, uniforme invariable des habitations du Finmark; la plupart des maisons sont posées sur des piliers de bois et se tiennent en l’air comme des tables basses: sage précaution contre les neiges de l’hiver, mais qui produit l’effet le plus bizarre. Toutes ces maisons sont habitées par des marchands; ce sont plutôt des magasins que des boutiques; l’art d’appeler l’acheteur par les séductions de l’étalage est totalement inconnu aux commerçants de Tromsoë: il serait du reste peu utile; il n’y a pas d’inattendu possible dans un pareil lieu, et des voyageurs tels que nous ne s’y voient peut-être pas tous les vingt ans. Quant aux voyageuses, j’eus l’honneur d’en être le premier échantillon. Les boutiques sont donc de grandes salles, où règne un inextricable encombrement de poissons salés, de fourrures et de rubans, trois produits résumant les besoins du peuple du Nordland: il se nourrit de poissons, se couvre des fourrures et se pare des rubans. Ces rubans diffèrent beaucoup des nôtres: mélange d’indigence et de luxe, ils sont presque toujours en coton broché d’or ou d’argent; ceux de soie sont très rares et très chers. Tromsoë, comme toute la côte stérile de la Norvège occidentale, n’est alimentée que par les provenances étrangères; les Russes y amènent du beurre, de la farine, des eaux-de-vie de grain; les Danois et les Hollandais, des pommes de terre, du vin, du bœuf salé, des moutons, des poules, du jambon, etc. On y vit mal et chèrement; le poisson et la viande de renne, seuls y sont à bas prix. A propos de viande de renne, c’est à Tromsoë qu’on me servit pour la première fois de cette venaison inconnue au Café de Paris et à la Maison d’Or. Le renne a une chair noire et tendre rappelant un peu le foie de veau, avec un assez haut goût sauvageon qui étonne le palais; c’est un de ces mets dont on médit d’abord et qu’on apprécie ensuite. Le reste de notre repas se composait de pommes de terre cuites à l’eau et d’un potage fait avec des grains d’orge et des cerises sèches nageant dans de l’eau rougie. Ce chaudeau fantaisiste abusait trop de notre appétit pour être accepté; on s’en tint au solide, arrosé de vin de Porto. Le repas était servi dans une espèce de halle de planches blanchies à la chaux, dont nous eûmes la jouissance tout un jour. Le festin et ce palais coûtèrent deux species par personne; il est vrai que, sur la porte de cette maison si durement hospitalière, on avait écrit pompeusement – ou plutôt ironiquement – ces mots: Hôtel du Nord.

La conclusione di Madame Biard arriva dopo poche righe, impietosa:

Nous passâmes un jour à Tromsoë; c’est beaucoup plus longtemps qu’il ne faut pour la savoir par cœur et avoir hâte de la quitter; je me rembarquai donc volontiers, et le lendemain nous étions à Hammerfest.

Malgré sa véhémence et son regard très critique (ou peut-être justement à cause de ça?), le livre de Léonie d’Aunet parut en non moins de dix éditions françaises entre 1854 et 1885. En Norvège il fallut néanmoins attendre jusqu’en 1968 pour que le Voyage soit enfin traduit dans la langue nationale.


Referenze bibliografiche
  • Aunet, Léonie d’, Voyage d’une femme au Spitzberg. Arles, Editions Actes Sud, 1995 [1854].
  • Guimbaud, Louis, Victor Hugo et Madame Biard, d’après des documents inédits. Paris, A. Blaizot, 1927.
  • Knutsen, Nils Magne et Posti, Per, La Recherche, une expédition vers le Nord. Tromsø, Edizioni Angelica, 2002.
  • Lapeyre, Françoise, Léonie d’Aunet. Paris, Editions Jean-Claude Lattès, 2005.

[tratto da qui]

This entry was posted in history & the past, literature, north and tagged , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s