Léonie d’Aunet

Léonie d’Aunet partecipò nel 1839, a 19 anni, ad un viaggio d’esplorazione francese allo Spitzberg. Con il suo fidanzato, pittore della spedizione, attraversò le regioni del nord Europa, tra cui la Lapponia, in condizioni estreme, prima donna a tentare una simile avventura. Del suo viaggio scrisse dei racconti, da cui è estratto il brano qui sotto:

Je dormais profondément sur mon lit de paille, quand on vint m’appeler pour voir une aurore boréale. Je fus prête en un instant, et fus alors témoin d’un des plus magnifiques spectacles du monde. Le ciel étant très noir, il se forma d’abord à l’horizon un foyer de lumière pâle qui avait l’apparence de l’aurore. Cette lueur s’élargit peu à peu de façon à occuper une notable partie du ciel. Du point central s’échappaient des gerbes de lumière mobile qui prenaient toute espèce de formes: tantôt pareilles à des langues ardentes, tantôt semblables à des serpents de feu, elles s’enlaçaient de mille façons avec un mouvement lent et continu. Au moment où la clarté devint plus intense, le ciel fut couvert d’innombrables spirales de flammes tordues et diffuses, s’agitant comme des panaches au souffle d’un vent mystérieux.
Phénomène étrange! L’aurore boréeale, à son plus beau moment, n’efface pas l’éclat des étoiles, qui scintillent à travers toutes ces lueurs. La teinte de l’aurore est jaune soufre très pâle; sa lumière, incertaine et blafarde, luit sans éclairer. C’est un spectre de lumière; car comment nommer une lumière ne produisant pas de clarté? L’aurore boréale de Muonioniska dura trois heures. Je restai tout ce temps immobile, attentive, avec cette impression indicible que j’avais déjà éprouvée en présence des glaces flottantes. L’aurore boréale et les glaces polaires sont de ces choses dont la contemplation fait monter l’admiration jusqu’à la stupeur: le spectateur se tait, le narrateur est tenté de jeter sa plume. Qui saurait décrire le degré d’infinie magnificence où peut atteindre la nature de Dieu?

[da Voyage d’une femme au Spitzberg, ed. Payot, coll. Petite bibliothèques Payot / Voyageurs, n. 149, 1995, pagg. 258-259]

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